Opel Mokka 1/CDTI130 4×2 Cosmo

Proposée avec trois motorisations et en deux ou quatre roues motrices, le Mokka a pour vocation d’épicer la série Opel. Son premier rôle est de séduire une clientèle nouvelle et de mettre en avant des qualités jusqu’à présent dédaignées par l’enseigne. Après plusieurs incursions dans le domaine des 4×4 de loisirs, force est de remarquer qu’actuellement Opel est en replis face aux ténors du milieu. Avec le Mokka, la marque allemande entend bien sortir de sa léthargie et profiter du succès notoire constaté par le segment des tout terrains compacts. Jusqu’à présent la marque allemande n’est pas trop encombrée par les prétendants : Nissan Juke, Skoda Yeti, Mini Countrvman. Afin de rejoindre le club, Opel tient avant tout à simplifier son offre : le Mokka est disponible en trois niveaux de finition (Edition, Cosmo et Cosmo Pack) et deux blocs essence (1.6 de 115 ch et 1.4 turbo de 140 ch), plus une version diesel (1.7 CDU de 130 ch).

Opel-Mokka

Comme ses principaux concurrents, mis à part le Nissan Juke qui réserve cette solution à son moteur essence le plus performant, le Mokka diesel est livrable en deux roues motrices ou en 4×4. Par contre, la boîte automatique n’est fournie qu’avec la transmission intégrale. Concernant le dispositif 4×4 retenu, Opel opté pour un dispositif où seules les roues avant entrainent le véhicule en temps normal, sur route sèche. Si le besoin se fait sentir, cette répartition à 100 % sur les roues avant peut être réduite jusqu’à 50 % sur chacun des deux trains, la mise en service étant gérée par l’électronique et ne requérant aucune intervention du conducteur. Malgré tous ces éléments, la traction intégrale n’occasionne qu’un supplément de poids de 65 kg, n’augmentant pas la consommation. Ainsi, Opel certifie 4,9 1/100 km contre 4,51/100 km pour la version deux roues motrices pourvue du même moteur diesel.

Coté esthétique, le Mokka s’inscrit à la croisée des modes, entre un Juke très extraverti, un Yeti plus classique et la distinguée Countiyman. Sa personnalité, il la tire essentiellement de sa monte pneumatique (18 pouces de série), et de quelques traits stylisés. Mal protégée pour une utilisation urbaine intensive, sa carrosserie a le mérite de proposer une visibilité correcte et d’assurer une accessibilité confortable. Aussi bien dans l’habitacle qu’au coffre qui, côté pratique, offre un volume et surtout des formes fonctionnels. De même que le porte bicyclette escamotable dans le pare chocs, façon tiroir, dont la capacité s’étend à trois cycles en accessoire. Cette exclusivité du constructeur est malheureusement fournie en option. Malgré le fait qu’il ne condamne pas l’ouverture du hayon, le montage de cet élément vous dispense de la vitesse maximale limitée à 120 km/h sur quelques autoroutes (allemandes, notamment), imposées par la présence de cycles montés sur une galerie.

Intérieur

Au volant ce que l’on remarque en premier lieu, c’est la douceur des commandes, boîte de vitesses comprise. Un raffinement auquel Opel ne nous avait pas habitués sur ses récentes productions. Le moteur, parfaitement secondé par une boîte remarquablement étagée, s’avère tonique et puissant sur tous les rapports, même en sixième. Performance assez rare pour mériter une attention particulière, dans cette période où, traque au gramme de CÜ2 oblige, il est bien vu de rallonger exagérément les nouvelles vitesses et le rapport final de transmission. Coté défauts, le bloc 1.7 CDTI est bruyant et rugueux à l’usage. Personne ne sera fâché d’apprendre qu’Opel planche sur une nouvelle génération de moteurs diesel qui devrait bientôt voir le jour… Et si les responsables peuvent dérouter par un manque de naturel dans leurs réactions, l’aspect le plus contestable du Mokka s’illustre par le mauvais compromis entre ressorts et amortisseurs. À basse allure, tout se passe pour le mieux, et le véhicule absorbe sans problèmes trous, bosses et dos d’âne. Toutefois les choses se compliquent dès que la vitesse augmente, avec un amortissement à la traîne et un accord de suspension entre les trains avant et arrière peu satisfaisant, celui ci vous gratifiant d’abondants « coups de raquette ».

Le Résultat se clôt sur une note négative : la tenue de cap est affectée par ces réglages, ce qui nécessite de fréquentes corrections de trajectoire au volant. Proposé à un prix attractif, disponible en deux ou quatre roues motrices et pouvant recevoir des raffinements high-tech inhabituels sur le segment, tels les phares bi xénon adaptatifs ou la reconnaissance des panneaux de signalisation, le Mokka a de nombreux arguments à faire valoir. Il serait même sincèrement désirable si son moteur était plus discret et moins rugueux, et si le travail des suspensions avant et arrière lui conférait une meilleure tenue de route.

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